RETOUR D’EXPÉRIENCE – Confiance en soi ?

(Les noms et les situations sont légèrement modifiés pour conserver l’anonymat)

 

Le coach (C), après avoir brisé la glace : Qu’est-ce qui me vaut le plaisir de faire votre connaissance ?

La directrice (D) : Je viens de prendre des responsabilités plus importantes, puisque je vais désormais diriger la filiale française en succédant à mon boss qui part en retraite.  J’aimerais travailler sur ma posture, mon leadership et aussi… mon manque de confiance en moi.

C :   Par quoi voulez-vous démarrer ?

D :   Je ne sais pas trop… c’est sans doute lié…

C :   Peut-être en effet. A quoi voyez-vous que votre « confiance en vous » fait défaut ?

D :   Habituellement, je suis très cartésienne et il m’est facile de prendre des décisions. Je vais assez vite. C’est très fluide. Mais par moments, je suis prise de doutes, et je n’arrive pas à décider. Cela me met particulièrement mal à l’aise.

C :   Qu’est-ce qui vous met mal à l’aise, précisément ?

D :   Mon job consiste entre autres à prendre des décisions. Les collaborateurs m’en demandent, ils attendent après elles pour les mettre en œuvre, et c’est bien normal. Dans ces moments de doute, j’ai l’impression de ne pas être à la hauteur.

C :   Pouvez-vous m’en dire davantage sur vos doutes ?

D :   Ce que je veux dire c’est que je crains de me tromper, de prendre une mauvaise décision.

C :   Et que faites-vous alors ?

D :   Soit je reporte la décision, ce qui est embêtant, soit je prends une option, au risque de me tromper.

C :   Quel est le pire des deux ?

D :   Tout dépend de la décision et de ses conséquences. Se tromper peut-être anodin ou grave. Reporter aussi d’ailleurs. Mais je ne reporte pas au point que ce soit grave.

C :   Et que faites-vous au sujet de la décision quand vous reportez ?

D :   … je travaille sur le sujet pour sortir de l’impasse.

C :   OK. Corrigez-moi si je n’ai pas bien compris : vous me dites qu’une partie de votre job consiste à prendre des décisions qui déclenchent des actions de vos collaborateurs. Vous êtes fière de prendre habituellement rapidement vos décisions, de façon logique et cartésienne. Sauf par moments, où vous prenez le temps de réfléchir ou d’avoir plus d’éléments. In fine, vous prenez toujours une décision, avec plus ou moins de risque. Comme vous prenez plutôt de bonnes décisions, on vous a proposé pour une promotion que vous avez acceptée.

D :   [Silence méditatif] … Oui, c’est ça ! En fait vous êtes en train de me dire que je devrais avoir confiance en moi.

C :   Moi j’ai dit cela ? Je crois que c’est vous qui venez de le dire. Et je suis assez d’accord avec vous. Le doute est une bonne chose quand on n’en abuse pas. Il permet de ne pas aller droit dans le mur. Il y a une chose que j’aimerais que vous fassiez.

D :   Dites-moi…

C :   Demandez à vos collaborateurs et à votre patron s’ils trouvent que vous prenez trop de temps pour prendre vos décisions. Et si vous avez encore manqué de confiance en vous la prochaine fois, nous « décortiquerons » le cas.

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