Pensée du mois : l’édito du coach – Y en a-t-il marre des conflits ?

L’actualité nous sert une avalanche de conflits entre pays ou régions du monde au point que beaucoup ne croient plus à la Paix ailleurs que dans les vœux échangés jusque dans ces derniers jours.

Au sein des organisations (entreprises, administrations, associations, communautés), on n’entend bon nombre de personnes avouer qu’elles fuient les conflits. Au fil des années, on a vu se développer une offre pléthorique autour de la gestion de conflits.

A croire que le monde ne parvient pas à se débarrasser des conflits.

A croire que le conflit est l’antonyme de la paix.

A croire que les conflits sont le fléau du monde.

 

C’est que le mot lui-même est une valise qui transporte un nombre impressionnant d’images (guerre, violence, querelle, affrontement, discorde, désaccord, hostilités, …), qui fusionnent en une sensation désagréable.

 

Mais il est bon de rappeler que la plupart des auteurs ont identifié que le conflit n’est pas un état qui pourrait se représenter sur un instantané, figé, statique. Le conflit est davantage une dynamique qui peut se modéliser sous forme de 4 étapes[1].

 

Étape 1 :   L’expérience de la relation entre les personnes ou les groupes fait émerger des divergences. « On ne voit pas la même chose quand on regarde la même réalité ». C’est ainsi et cela n’est pas mauvais en soi. Ces divergences sont relatives aux opinions, aux valeurs, aux perceptions, aux goûts, etc. En jetant un coup d’œil sur l’image ambiguë de Boring[2] qui illustre cet article, on verra spontanément soit une jeune femme, soit une vieille femme (soit les deux).

Étape 2 :   Si la situation impose qu’on n’en reste pas au constat, et que ces divergences ne sont pas « apprivoisées », elles font naître des tensions entre les personnes, notamment par le jeu des émotions. « Tu m’agaces. » « C’est ta faute. » « Non, c’est la tienne. »…

Étape 3 :   Si la situation nécessite encore de ne pas en rester là, et que les tensions s’installent durablement, elles conduisent à des blocages. La dynamique s’amplifie et se cristallise sur l’autre (personne ou groupe) qui devient, en plus de la divergence du départ, une cause qui alimente le processus de conflit. On ne parle plus avec l’autre. On parle de l’autre. Négativement. On le réduit à l’image qu’on s’en fait.

Étape 4 :   Si la situation exige encore de ne pas en rester là et que les blocages s’enkystent, on en vient à la violence (harcèlement, coups, attaque, …). C’est aussi ce que l’on appelle dans le langage courant le conflit, celui que certains fuient, redoutent, etc.

 

Ces 4 étapes s’escaladent tant que l’on n’a pas décidé d’opter pour une solution pacifique, même si elle n’est pas totalement satisfaisante.

Elles peuvent aussi se désescalader, si on accepte que l’autre n’est pas le problème mais que nous pouvons résoudre le problème avec l’autre. Dans certains cas, avec l’aide d’un tiers (arbitre, médiateur, tribunal, …).

Ne fuyons pas les conflits, résolvons-les !

 

[1] Il existe plusieurs modèles dont le nombre d’étapes varie. Par ex., l’économiste et médiateur Friedrich Glasl en dénombre 9

[2] Edwin G. Boring (1886-1968) est un psychologue américain

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