La manageuse (M) a la charge des quatre équipes qu’elle a constituées depuis qu’elle a pris le poste, il y a neuf mois. Son coaching, elle l’a accepté de bon cœur, lorsqu’il lui a été proposé par son N+1. L’occasion pour elle de prendre confiance en elle pour la prise de fonction sur un périmètre plus conséquent que précédemment. Le courant passe bien avec son coach (C)
M : Je suis contente car mes équipes sont maintenant toutes en place. Les collaborateurs sont motivés.
C : Tout va bien, alors !
M : Oui ! Enfin, maintenant, il faut structurer le travail de tout ce monde-là. Ce n’est pas la partie que je préfère, mais bon, il faut le faire….
C : Qu’est-ce qui pose souci pour vous ?
M : J’aime pas prendre la parole devant un groupe. Je ne suis à l’aise qu’en individuel.
C : Vous n’aimez pas ou vous n’êtes pas à l’aise ?
M : Ben … Je ne suis pas à l’aise donc je n’aime pas… Enfin je crois…
C : Hmmm ! Quand vous dites que vous n’êtes pas à l’aise, ça veut dire quoi ?
M : Bonne question… Euh … Ce doit être parce que je suis assez lente… et quand ils sont nombreux… je dois perdre mes moyens…
C : Vous en êtes certaine ?
M : Ben oui, je crois.
C : C’est ça : vous croyez avec votre cerveau. Mais vous ne sentez pas au fond de vous. Laissez venir vos sensations…
M : … Laisser venir les sensations… (elle ferme les yeux)
En fait, je crains que les gens s’impatientent.
C : C’est déjà arrivé ?
M : Je crois…
C : Laissez vos croyances de côté… C’est déjà arrivé ?
M : … Une fois, une personne a bâillé et soupiré… Même plusieurs fois…
C : Et vous avez pris cela pour de l’impatience ?
M : Ben oui ! Quoi d’autre ?
C : Je ne sais pas. Elle était peut-être fatiguée de sa journée, ou pas intéressée par le sujet, ou autre chose.
M : C’est vrai ! Je n’en sais rien en fait. Mais ce qui est un fait, c’est que je mets du temps pour réfléchir.
C : OK ! Chacun son rythme, non ?
M : Oui, c’est vrai. Mais comment savoir si je me fais des idées ?
C : A votre avis ?
M : En posant la question ?! Oui, bien sûr ! Mais les gens oseront-ils la franchise ?
C : Ça vaut le coup de tenter, non ?
M : Ça vaut le coup en effet. En tout cas, je n’avais jamais pris le temps de m’interroger sur ce sujet.
C : Quel sujet ?
M : Eh bien ! Mon malaise en public !
C : Et alors ?
M : C’est comme si j’avais pris conscience de ce que je vis… inconsciemment.
C : Vous avez mis de la conscience sur l’inconscience ?
M : Oui c’est ça ! Et ça m’ouvre des perspectives. Je crois… enfin, nous en reparlerons la prochaine fois. Je vais avancer là-dessus.