Pensée du mois : l’édito du coach – Rendre grâce

Juin s’en va déjà, et pour certains, une nouvelle page s’ouvre : mutation, promotion ou départ (volontaire ou forcé) pour une autre mission, un autre projet, une autre organisation.

Avez-vous pensé à rendre grâce ? A remercier l’entreprise, le service, l’association, la communauté et surtout chacune des personnes qui vous ont appris quelque chose, transmis un savoir, fait progresser ? Peut-être de façon discrète, en aparté, ou lors d’un discours d’usage. Peut-être simplement dans le secret de votre bureau ou de votre chambre.

Bien sûr vous pensez à ce chef, ce manager qui vous a accordé sa confiance qui a accepté vos erreurs comme gage de votre apprentissage, qui vous a donné quelques conseils. Vous en avez suivi certains, vous en avez laissé d’autres. Il a respecté votre rythme de développement. Il vous a montré un certain modèle de chef, qui vous reviendra à l’esprit dans l’avenir.

Naturellement, il vous revient ce collègue qui vous a rendu de fiers services. À charge de revanche ! Il vous a soutenu par moments. Il vous a évité une grosse bêtise. Il vous a écouté dans les moments difficiles et congratulé pour vos futures fonctions. Il vous a fait vivre l’entraide et la solidarité, si précieuses pour former une équipe qui prend plaisir à bien faire.

Évidemment, vous avez à l’esprit ces collaborateurs à qui vous devez une partie de vos succès. Sans eux rien n’aurait été possible. Ils étaient là quand il fallait faire des heures, apprivoiser un nouveau matériel, livrer un client, sortir un nouveau produit. Ils ont incarné pour vous la motivation, l’engagement, la loyauté, le sens du client. Sans le savoir, ils vous ont montré les leviers de la réussite. Celle du collectif, la leur, et donc aussi la vôtre.

Moins évident, en revanche, de regarder avec reconnaissance cet autre manager avec qui cela n’a pas « matché », et qui peut-être est à l’origine de votre départ, alors que vous espériez le sien, qui vous semblait mérité. Pourtant, une fois passée la frustration de l’injustice, que vous a-t-il appris à son insu ? Les écueils d’un management de façade, où l’autoritarisme remplace l’autorité, où le manque de courage managérial procrastine, où les mauvaises décisions – non assumées – entraînent le collectif dans une bérézina ? Quelles précieuses indications vous a-t-il données de ce qu’il faut éviter à tout prix. Ayant vécu les conséquences, tant émotionnellement (colère, tristesse, crainte) que rationnellement, il a ancré en vous à quel point ces comportements, paroles et actions desservent l’esprit d’équipe et la satisfaction des clients. Puissent ces leçons vous édifier ! Probablement n’a-t-il pas voulu mal faire, et n’était-il simplement pas à la juste place. Et tout ce gâchis est certes bien dommage. Mais puisque cela a été, autant en tirer tout l’enseignement. Plutôt que vouloir oublier au plus vite, discernez, dans tout ce qu’il a fait et tout ce qu’il a dit, ce qui n’était pas adapté. Sans doute pas tout !

De même pour ce collègue avec qui vous êtes entré en opposition régulièrement. Il vous laisse le « cadeau » d’une relation délétère. Qu’est-ce qui n’allait pas dans son attitude, dans ses intentions. Et de quelle manière avez-vous alimenté vous aussi ces différends ? Que devriez-vous ne pas reproduire ailleurs avec un autre ?

Idem pour ces collaborateurs dont vous n’avez pas su tirer ce que vous espériez. Merci à eux de vous questionner : Qu’est-ce qui vient d’eux ? Qu’est-ce qui vient de vous ?

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