Pensée du mois : l’édito du coach – Désolé, je n’ai pas le temps…

… Cela peut arriver ! Parce que, par définition, tu ne peux pas prévoir l’imprévu qui s’invite à contre-temps. Parce que tu n’as pas su évaluer le temps que te prendrait cette tâche. Qui pourrait t’en blâmer ?

Là où c’est inquiétant, c’est quand cela devient un refrain dans une chanson qui n’a plus de couplet. Tu ne t’en rends peut-être pas compte, car tu te dis : « C’est momentané ! » ou « Je vois le bout du tunnel » ou « Promis, on se voit fin de semaine, ou de mois, ou d’année ». Pourquoi pas en fin de vie, tant que tu y es ? Le signal faible qui devrait t’alerter, c’est quand tu entends : « De toutes façons, c’est toujours pareil, tu n’as jamais le temps ! ». Que fais-tu de cette petite phrase ? La prends-tu au sérieux ou bien te dis-tu qu’il ou elle exagère ? Tu as peut-être raison sur l’exagération des toujours et des jamais. Mais ce n’est pas par hasard si cette phrase est prononcée.

Petit test :

  • Est-ce que tu as le temps de t’arrêter à la station-service pour faire le plein de ta voiture ? Avoue pourtant que ce n’est pas ton activité favorite et qu’elle coûte un peu plus cher chaque semaine…
  • Est-ce que tu as le temps d’aller aux toilettes ? Pourtant soyons clair, on se ment quand on dit qu’on a envie de faire pipi. En réalité, on en a plutôt besoin, pas vrai ? Exprès, je ne te demande pas si tu as le temps de te poser pour manger car un jour, tu m’as déjà dit « non ».
  • Est-ce que tu as le temps de dormir, même si ce n’est que 4 heures par nuit (ou par jour si vraiment c’est compliqué pour toi) ?

Si tu as répondu « Oui » à au moins 2 questions, j’ai une bonne et une mauvaise nouvelle pour toi.

La mauvaise, c’est que ton analyse possède sans doute un fond de vérité : si tu avais plus de temps (mettons 35 heures par jour), tu t’en sortirais mieux… au moins pendant un mois.

La bonne, c’est que tu as trouvé, probablement sans le savoir, la solution à ton problème de temps : même quand tu n’as pas le temps, tu es capable de le prendre ! Et là, je te félicite, car en développant cette capacité, tu gagnes du temps. En effet, pas besoin d’attendre la dépanneuse sur le bord de l’autoroute pour ta voiture en panne sèche. Pas besoin de changer de slip et de bas parce que tu t’es oublié(e) en réunion. Et pas besoin de passer par la case Hôpital parce que tu as un peu trop joué avec ta santé.

Et sais-tu pourquoi tu as développé, inconsciemment, cette compétence inouïe ? Parce qu’au fond de toi, tu as choisi. Choisi de faire le plein, de passer aux toilettes, d’aller te coucher. Oui, tu as choisi, même si tu te dis à l’instant « Je n’ai pas le choix ». Car personne ne t’a obligé(e) à t’arrêter à la station-service, pas même ta voiture. Personne ne t’a contraint(e) à passer aux toilettes, pas même ton pantalon ou ta jupe. Personne ne t’a forcé(e) à dormir, pas même ton lit. C’est toi et toi seul(e) qui as choisi. A quel moment as-tu choisi ? Ce fut très bref, imperceptible ! Quand tu as vu la jauge sans même te dire que tu ne pouvais pas te permettre de tomber en panne. Quand tu as senti que si tu n’avais pas de lieu immédiatement, ce serait la honte de ta vie. Quand tu as senti qu’un Red Bull de plus ne servirait à rien. Tu ne t’en souviens même pas. Pourtant tu as choisi !

Alors, ton collaborateur qui ne te réclame même plus un peu d’attention ; ton client qui ne te harcèle même plus pour son devis ; ton fournisseur qui n’attend même plus ta commande ; ton conjoint qui ne te garde même plus ton repas au chaud… Peut-être qu’eux aussi méritent cette capacité que tu as déjà : celle de t’arrêter un temps. Avant la rupture. Pour eux. Parce qu’ils comptent vraiment pour toi.

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