Pensée du mois : l’édito du coach – Les Constellations d’Organisation

L’accompagnement de dirigeants, de managers et d’équipes dans leurs situations professionnelles est aujourd’hui largement répandu dans le monde des entreprises et celui des administrations. S’il se heurtait, il y a quelques années, sur le mur de la méconnaissance, du doute, ou de la fierté, il fait maintenant clairement partie des options pour dépasser les situations difficiles et insatisfaisantes.

Les approches les plus classiques pour ces accompagnements s’adressent à notre esprit rationnel. Le questionnement ouvert, allié à une curiosité tous azimuts, permet d’explorer des champs de possibles connus ou méconnus, sous-évalués, mis à l’écart comme par évidence. Les inévitables biais cognitifs sont à l’œuvre, que Coluche résumait ainsi de façon ironique : « Quand on voit ce qu’on voit et qu’on entend ce qu’on entend, on a bien raison de penser ce qu’on pense. » Une manière de dire que chacun de nous fait des raccourcis, sans prendre la peine de renouveler sa façon de percevoir le monde ni de le penser.

Parfois ces modes d’accompagnement de cerveau à cerveau, de conscience à conscience – celle du coach et celle du client, individuel ou collectif – butent ou bouclent. Le client tourne toujours en rond. Certes le « rond » s’est élargi au champ des possibles ouvert par l’interaction avec le coach, mais la solution n’émerge toujours pas. Le client repart parfois déçu, en se disant comme les Shadocks : « S’il n’y a pas de solution, c’est qu’il n’y a pas de problème ».

Pourtant il reste encore des voies à explorer. Sans doute pas celles du conscient, car c’est ailleurs, dans une couche plus profonde de la complexité humaine, que se loge peut-être le grain de sable qui empêche le système de tourner avec la fluidité d’un engrenage huilé : dans la couche de l’inconscient. L’approche dite des Constellations s’intéresse justement à cette couche du cerveau humain, lequel est parfois le meilleur ennemi de l’Homme. Il s’agit de représenter des éléments du système[1] qui fonctionne de façon insatisfaisante par des personnes volontaires. Elles n’appartiennent pas nécessairement au système lui-même. Elles n’incarnent pas, mais représentent, le temps d’une séance, qui une personne réelle ou virtuelle, qui un objet abstrait. La représentation du système réel est positionnée dans la pièce par le client, et chaque représentant est invité à exprimer ce qu’il ressent ici et maintenant dans sa position au sein du système représenté. Il évite de raisonner pour laisser véritablement s’exprimer ses émotions, ses sentiments, ses ressentis, ses sensations. Ainsi, ce n’est pas à sa conscience rationnelle qu’il fait appel, mais bien à ce qu’il vit hors du champ rationnel, réflexif, de l’élaboration. Il fait appel à ce dont il n’a pas conscience, mais qui se manifeste à lui par d’autres chemins que celui de la raison : l’inconscient dont le corps exprime quelque chose.

Par itérations successives, les éléments du système représenté se déplacent et explorent de nouvelles positions. Peu à peu, le système représenté trouve une position plus satisfaisante. L’expression itérative de cet inconscient systémique s’adresse à l’inconscient du client pour l’inviter à faire émerger de nouvelles informations à sa conscience, sans passer par le raisonnement cartésien.

Mais mieux que d’en parler, c’est d’expérimenter. Et de goûter l’inexploré du champ humain.

 

[1]     Le système peut être une équipe, un service, un département voire une organisation complète. Par éléments du système, on entend soit des personnes réelles (comme le DG, la DAF, le DRH, la cheffe d’équipe, etc.), soit des personnes virtuelles (comme une petite voix intérieure, le prince charmant, mon futur patron, etc.), soit des objets abstraits « vivants » (comme un contrat, un besoin, un comportement, une injonction, des options, etc.)

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